NOUVELLE-ZÉLANDE : J’AI VAINCU LE « TONGARIRO ALPINE CROSSING », UNE DES PLUS BELLES RANDONNÉES DU MONDE

Comme beaucoup de voyageurs qui se rendent en Nouvelle-Zélande, nous avons entendu parler du célèbre Tongariro Alpine Crossing, considéré comme le plus beau trek sur un jour du pays.

Je ne l’aurais pas cru mais nous nous sommes attaqués à son ascension et je vous partage notre incroyable expérience au travers des 8 étapes que comprend la randonnée.

Bons Voyages !

©TellMeATrip

UNE DES PLUS BELLES RANDONNÉES DU MONDE

Le Parc du Tongariro est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et permet de s’approcher au plus près de son volcan endormi, au sommet protégé et sacré pour les Maoris.

Mais malgré son air alléchant, j’étais persuadée que cette randonnée n’était pas pour moi.

« Je me suis auto-censurée sans même avoir essayé ».

Une journée de marche, 736m de dénivelé avec le point culminant à 1886m d’altitude, sans une parcelle d’ombre sur le chemin.
Autant dire que je ne m’étais même pas imaginée franchir la ligne d’arrivée de mon vivant.

Mais l’Amoureux, féru de Nature et amateur de randonnée, en a décidé autrement.

Clairement pour lui, c’était un incontournable de la Nouvelle-Zélande, un « must-do » qu’on devait voir de nos propres yeux.

Comment vous dire que j’ai rapidement compris que l’histoire n’était pas vraiment négociable mais que, bien que j’ai maudit mon cher et tendre au départ, je reconnais aujourd’hui devoir le remercier pour m’avoir obligée poussée.

Car ce trek, j’étais persuadée en être incapable, sans m’être posée la question en fait. Je ne l’avais jamais fait et je n’y arriverais pas.

C’était comme ça, c’est tout.
Je ne sais pas pourquoi je me suis auto-censurée comme ça, sans même avoir essayé.

Alors, quand j’ai compris que c’était important pour l’Amoureux de faire le Tongariro Alpine Crossing, j’ai pris 2 secondes pour réfléchir.

Je me suis souvenue que quelques semaines plutôt je faisais des randonnées de 3 et de 6h avec des dénivelés à « casser des noisettes avec les fesses » juste après.

Une première pour moi, tout comme plein d’activités que je n’avais jamais approchées avant ce voyage.
Et ma foi, j’ai toujours mes 2 jambes, 10 doigts et 0 appel à l’hélicoptère de secours au compteur.

Donc c’est parti.
Un peu d’organisation (dont je vous parle ici), et nous voici aux portes d’une des plus belles randonnées du Monde.

UNE RANDONNÉE D’UNE JOURNÉE « DIVISÉE » EN 8 ÉTAPES

Nous avons réservé la navette de 6h30 du matin, la première de la journée proposée par le service de shuttle Tongariro Expeditions et sommes prêts sur le parking d’arrivée de la randonnée à 6h00.

Le check-in se fait aux premières lueurs du jour et le ciel dégagé qui commence à s’allumer, est déjà plein de promesses.

Le bus nous dépose au parking de Départ du Tongariro Alpine Crossing vers 7h, nous permettant de découvrir que nous serons loin d’être les seuls sur les sentiers volcaniques aujourd’hui.

Un dernier pipi avant le départ et nous voici en train de commencer tranquillement le premier kilomètre.

Le trek est « divisé » en 8 étapes détaillées sur la brochure que nous remet Tongariro Expedition en descendant du bus.

Plutôt bien faite, elle nous résume les paysages et difficultés auxquels nous allons être soumis pendant 8h, facilement identifiables avec les smileys associés.

Je suis plutôt contente de découvrir qu’il y a plus de « 🙂 » que de « 🙁 » sur le papier, même si la durée annoncée de certain « :(» n’est pas faite pour me rassurer.

Étape 1 : marche facile – Parking de départ Mangatepopo jusqu’aux Soda Springs (1h).

J’apprécie ce kilomètre n°1 facile, puisque sur un sentier balisé et complètement plat. Il me permet de m’échauffer tranquillement et d’apprécier le début des paysages volcaniques qui nous attendent.

Nous ne faisons pas le petit détour qui amène aux pieds des chutes d’eau, préférant garder notre énergie pour l’effort qui s’annonce.

Étape 2 : montée difficile – De Soda Springs jusqu’au South Crater (1h).

C’est très simple de comprendre où l’étape 1 s’arrête, puisqu’elle vous emmène clairement en bas d’une impressionnante montée rocailleuse.

Un panneau « avertissement » invite à faire demi-tour maintenant si finalement, on n’est pas si sportif que ça ou si on aurait oublié de prendre suffisamment d’eau.
Rassurant.

Mais nous nous engageons quand même sur cette colline, derrière d’autres marcheurs matinaux.
Je suis d’ailleurs impressionnée par le flux constant de randonneurs qui arrive derrière nous.

Cette foule est peut-être d’ailleurs une des raisons pour lesquelles nous ferons le parcours en un temps raisonnable ; nous avons toujours quelqu’un qui nous suit de près, pressé de dépasser sur ces sentiers étroits, nous forçant indirectement à accélérer, le temps de nous déporter sur un côté.

La montée est longue et la chaleur commence à se faire ressentir malgré le vent frais alpin qui me mord les oreilles.

Heureusement, de petits plateaux en chemin permettent de faire une pause dans l’ascension de ces escaliers quasi-naturels, donnant aussi l’occasion d’admirer le paysage qu’on laisse derrière nous.

De là-haut, on aperçoit clairement les collines arides bordées par des champs de coton, le tout noyé dans un ciel clair aux contours rosés.

La vue est encore meilleure à la fin de cette montée : sous nos yeux, la vallée de nuages dominée par la pointe du Mont Taranaki au fond.
Devant nous, le South Crater nous offre un paysage de désert volcanique époustouflant.

Le sol est noir d’ébène, entièrement recouvert de magma séché, formant ainsi des cailloux troués de différentes tailles.

Un nouveau panneau informatif rappelle que nous circulons sur un volcan actif, capable donc de se réveiller à tout instant.
Pas forcément la meilleure idée d’emplacement selon moi, sachant que nous sommes au moins à 2h du point de départ en cas d’évacuation…

Mais on ne se formalise pas plus que ça et on attaque l’étape suivante.

Étape 3 : marche facile – Du South Crater jusqu’aux pieds du Red Crater (15mn).

Après la pluie vient le beau temps et cette traversée du désert complètement plate est la bienvenue.

Autour de nous, une vaste plaine sableuse et rocailleuse où très peu de végétation arrive à survivre.

Le flot continu de marcheurs devant et derrière nous, traverse sans détour ce paysage lunaire.

J’ai envie de photographier chaque grain de sable tellement je suis charmée par cet environnement.

Comme quoi, un grand vide peut-être spectaculaire !

Étape 4 : montée difficile – Ascension de la crête du Red Crater (30mn).

Monter cette crête demande de la concentration et toute notre attention.
A mesure que nous prenons de la hauteur, le sentier jusqu’ici balisé, devient plutôt inexistant.

On grimpe littéralement les bords du cratère qui, composé de poussière et de petits cailloux, s’avère être très glissant.
En cas de grands vents, cette partie est fortement déconseillée à cause du risque de chute et oblige à faire demi-tour.

Le passage est étroit et pentu ; je n’hésite pas à m’aider de mes mains pour avancer, voire parfois à adopter la position canard.

La foule de randonneurs ralentit naturellement à ce passage et les envies pressantes de doubler se font rares.

Devant nous, deux adolescentes ayant choisi le combo « baskets de ville à la semelle plate + mini short instagrammable », glissent dans la pente, nous offrant à tous notre première frayeur de trek*

Elles se rattrapent aussitôt aux rochers et comme moi, adoptent la position canard pour finir l’ascension.
Pour la photo, elles repasseront je crois…

*elles vont bien ; ce n’était qu’une petite glissade sans conséquence.

Étape 5 : descente glissante – Sommet du Red Crater jusqu’aux Emerald Lakes (30mn).

L’étape précédente nous amène donc au point culminant de la randonnée, à 1886m d’altitude. Depuis ce sommet, le panorama à 360° est vertigineux.

Nous profitons à la fois de la plaine désertique tout juste traversée, mais aussi du volcan endormi dominant la vallée aux lacs bleus qui dorment à ses pieds.

Je dois faire une centaine de photos de la richesse de ces paysages avant de ranger mon téléphone en sécurité pour affronter cette descente.

De nouveau, le chemin est étroit et en bord de précipice, composé de sable, gravillons et gros cailloux pour une instabilité maximale.

Même à l’arrêt, je manque de me retrouver fesses contre sol et clairement, je ne suis pas la seule.

La foule à la file indienne est concentrée et descend en silence, créant un épais nuage de poussière sur son passage.

Les chutes ou les glissades deviennent monnaie courante et bientôt, il y a plus de personnes accroupies que debout.

Au loin, je vois l’hélicoptère de secours, posté là au cas où, car nul doute que la majorité des opérations doit se faire sur cette zone interminable !

J’apprends d’ailleurs sur un de ces fameux gentils et rassurants panneaux, que deux actions de secours sont effectuées chaque semaine sur ce trek.
Merveilleux.

Dans ma descente escargot, j’arrive à trouver un peu de stabilité pour sortir mon téléphone et capturer l’instant présent.

Ces trois lacs aux couleurs émeraude plantés en pleine zone aride, sont très tentants sous ce soleil écrasant, mais en tant que lieux sacrés pour les Maoris, il est interdit de s’y baigner et même de toucher l’eau du bout des doigts.

Un spectacle 100% pour nos yeux donc, qu’on apprécie davantage en arrivant à la fin de cette descente vertigineuse.

A cet endroit, nous trouvons des rochers assez grands pour nous faire un peu d’ombre, rendant le spot idéal pour un pique-nique, en regardant ce flot de randonneurs aborder à son tour la pente maladroitement.

Étape 6 : marche facile – Des Emerald Lakes jusqu’au Blue Lake (20mn).

A ce stade, je dirais que la partie la plus difficile en termes d’efforts physiques est derrière nous.
Il ne nous reste d’ailleurs qu’une petite marche sur du plat avant d’entamer la longue descente finale.

Nous nous éloignons tranquillement du cœur du volcan pour contourner une partie du large lac bleu, pour moi davantage impressionnant par sa taille que par sa couleur, qui me semble plus naturelle que ses trois prédécesseurs.

Un dernier virage et le Tongariro disparaît complètement de notre champs de vision, pour laisser place à une vallée verdoyante et…fumante !

Étape 7 : descente facile – Du Blue Lake au Ketetahi Shelter (1).

Ici, nous retrouvons un sentier balisé et plus stable que la partie qu’on vient de traverser.

Nous ne voyons plus le volcan mais nous devinons la présence des sources chaudes par l’épaisse fumée blanche qui s’échappe parfois des parois.

Pas de difficulté particulière, mais la variété de paysages se réduit sérieusement…

Étape 8 : longue descente – De Ketetahi Shelter jusqu’au Tongariro Shuttle Car Park (2h).

Commence maintenant, une longue et ennuyeuse descente, qui semble ne jamais s’arrêter. Un sentier plat zigzague à perte de vue dans une vallée jolie mais rigoureusement identique du début à la fin de la descente.

Il faut dire que les 10 premiers kilomètres nous ont rendu affamés d’environnement d’exception et on commencerait presque à être exigeant en matière de belle nature…

La difficulté pour moi est le début de douleur que je sens dans les genoux qui accusent l’interminable descente sur 9km jusqu’à l’arrivée.

Ajouté à cela les 5h de marche que nous avons dans les pattes et peut-être aussi, aux paysages moins excitants qui me laissent davantage me concentrer sur la fatigue physique.

Mais cette monotonie n’enlève rien à la fierté et au plaisir d’avoir battu le pavé de ces 19,4km une fois le panneau d’arrivée du Tongariro Alpine Crossing dépassé !

Un beau challenge, une riche journée de marche qu’on va pousser jusqu’au parking où nous attend notre voiture et qui donc nous emmène à un bilan de 20km de randonnée parcourus en 7h 🙂

Après l’effort, le grand réconfort dans l’excellent centre aquatique de Taupo qui, pour 8$ par personne, propose plusieurs bassins chauffés, un toboggan pour tous, un sauna et des douches chaudes 😉

Alors, tentés par l’aventure ?

Avant de vous engager sur cette belle randonnée, faites un tour sur mon article consacré à la préparation facile de la Tongariro Alpine Crossing (navette/parking/contenu de sac-à-dos & habillement) 🙂

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