NOUVELLE-ZÉLANDE : NAGER AVEC LES DAUPHINS SAUVAGES, LE VŒU EXAUCÉ À KAIKOURA.

Les eaux néo-zélandaises abritent une faune maritime variée, qu’il est possible d’admirer de plus ou moins près, régulièrement dans le pays.
Quand on s’intéresse à l’univers marin ici, on a de grandes chances d’entendre parler de Kaikoura.
Car si cette bourgade continue d’aussi bien vivre aujourd’hui, c’est bien grâce à la richesse de la mer…

Je vous emmène avec moi, à quelques kilomètres de la côte, pour une aventure sauvage avec les dauphins nommés Dusky.

Bons Voyages !

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KAIKOURA : LE REFUGE DES MAMMIFÈRES MARINS

Aujourd’hui petite ville prospère, Kaikoura a su se spécialiser dans l’observation des cétacés au fil des années.
Fait plutôt ironique, quand on sait que les premiers colons européens qui s’y sont installés en 1842, étaient des baleiniers…

Il faut dire que Kaikoura est la seule région de Nouvelle-Zélande où séjournent à l’année, un groupe de cachalots.
Heureusement, depuis la fin des années 1980, le tourisme marin a évolué en trouvant une autre alternative à « l’exploitation » des nombreux mammifères qui peuplent ses eaux.

Ainsi, en plus des cachalots, des orques, otaries et des dauphins sont résidents permanents de la baie.

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Certaines balades piétonnes permettent d’observer gratuitement en autonomie des espèces, comme les otaries dont je vous parlais ici.

Mais il existe aussi plusieurs compagnies de tourisme qui permettent de s’approcher au plus près de ces incroyables animaux, tout en respectant leur liberté.

A noter : si vous disposez de votre propre kayak, vous ne serez pas déçus de venir le sortir ici ! Mais ne comptez pas en achetez un à Kaikoura, puisqu’ils sont tout simplement absents des rayons ; commerce de location oblige ;)

DOLPHIN ENCOUNTER : NAGER AVEC DES DAUPHINS SAUVAGES

Charmés par la beauté et la tranquillité de Kaikoura, nous avons décidé d’y rester quelques jours. Flânant dans ses boutiques, profitant de ses incroyables points de vues entre mer et montagne, découvrant son littoral au rythme des balades balisées et abusant un peu du wifi gratuit de sa belle bibliothèque par jour de pluie.

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En vivant un peu ici, il est impossible de passer à côté d’une des affiches vantant les sorties en kayak, bateau, avion ou hélicoptère, pour observer la faune maritime.
Mais le prix de ces activités, plutôt onéreuses, nous aura fait résister à la tentation pendant plusieurs jours…

Pas simple de renoncer à la si belle opportunité de nager avec les dauphins, quand tu passes tous les jours devant les portes de la boutique en question…
Nous tenons bon jusqu’à notre rencontre, un soir, avec un autre voyageur installé sur le même FreeCamp que nous.

La proximité des voitures et la cordialité entre backpackers nous amènent vite à discuter. Nous échangeons nos ressentis sur le pays et parlons vite de nos activités préférées.

Pas de bol pour notre porte-monnaie, notre voisin revient tout juste d’une sortie en mer où il a effectivement nagé avec des dizaines de dauphins, supervisé par la compagnie Dolphin Encounter.

Ses images magiques où il se retrouve encerclé de dauphins, achèvent la faible résistance que j’opposais à cette sortie.
Ce serait donc vrai.
Pas d’attrape-touristes avec des achats de photos sur des banques d’images, pour nourrir les brochures prometteuses et l’esprit des visiteurs rêveurs.

Vu ce qu’il nous montre comme extraits vidéos, soit il a vraiment été lâché dans un banc de dauphins, soit il a accroché sa caméra water-proof sur un aileron dans une très grande piscine artificielle.

On opte pour la solution numéro 1 et le lendemain matin, nous passons les portes de la boutique de Dolphin Encounter. L’entreprise est la seule de la ville autorisée à emmener des clients nager avec les dauphins depuis 1990.

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Cette autorisation est donnée par le « Department of Conservation », sous certaines conditions.
Ainsi, si Dolphin Encounter propose des sorties toute l’année, celles-ci sont limitées par jour et par nombre de nageur à chaque session.

De par cette restriction et leur monopole sur Kaikoura, il est fortement recommandé de réserver à l’avance surtout si vous prévoyez votre visite entre décembre et février.

 

LE BALLET AQUATIQUE IMPROVISÉ

Nous tentons notre chance, désormais prêts à attendre plusieurs jours s’il le faut, pour obtenir notre ticket d’entrée.
La réceptionniste nous prend parfaitement bien en charge et nous propose une sortie à J+4, que nous acceptons immédiatement.

Nous choisissons le créneau de 5h40 du matin pour espérer profiter d’un beau lever de soleil en prime et pour voir du « poisson frais » 😉 :p
Suite à quoi, elle nous remet un formulaire chacun à remplir, pour valider la réservation.

C’est rapide et surtout, cela permet à l’Amoureux de préciser qu’il est malentendant et devra donc ôter ses appareils auditifs pour la baignade.

L’hôtesse récupère nos feuilles et, tout en rentrant les informations dans son ordinateur, nous demande plus de précisions quant au handicap mentionné.
Ses questions et conseils pour le bon fonctionnement de la sortie, me donnent l’impression d’une vraie prise en charge adaptée à notre profil.

La partie paiement de la prestation est clairement moins agréable, mais on se dit que tout l’argent qu’on ne dépense pas en cigarettes ou alcool, va bien servir ici.

Quatre jour plus tard, le réveil est assez…saisissant et excitant !
Il est recommandé de manger un peu avant la sortie, alors je tente de réveiller un peu mon estomac et nous nous rendons dans la boutique de Dolphin Encounter.
Nous ne sommes pas les seuls à faire la queue dans la nuit noire et attendons d’être appelés en avalant un petit cachet contre le mal de mer, histoire que ça ne soit pas mon estomac qui rende ce moment inoubliable…

Notre tour arrive enfin et nous entrons dans une première salle avec le reste de notre groupe pour recevoir notre équipement : combinaison + veste de plongée, bonnet + masque, tubas et enfin des palmes constituent notre attirail.

Ainsi transformés, nous entrons dans une deuxième salle type auditorium, où une vidéo de présentation et de consignes de sécurité est lancée.
C’est très bien fait, mêlant images de démos, voix-off et sous-titres ; nous sommes enfin prêts pour le grand bain.

Dehors, notre bus nous attend pour nous emmener directement sur le bateau, à quelques minutes seulement.
Sur place, tout le groupe est installé dans une cabine à l’avant et de nouvelles consignes nous sont données.
Des couvertures sont aussi à disposition pour réchauffer nos corps de plongeurs novices tant que le soleil n’est pas levé.

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La balade dure environ 40mn, le temps de retrouver une colonie de dauphins, quand un membre de l’équipage s’approche de nous.
Informée de la surdité de mon +1 grâce à notre « dossier », elle nous propose de se mettre d’accord sur des gestes spécifiques pour communiquer ensemble une fois que l’Amoureux aura passé ses oreilles en mode « off ».
Elle nous colle également un sticker sur le sommet de nos bonnets afin de nous reconnaître dans l’eau.

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On apprécie vraiment cette considération qui va permettre à l’Amoureux de vivre cette sortie avec le même niveau de sécurité que les autres passagers.

Peu de temps avant le 1er arrêt baignade, nous passons à l’arrière du bateau, en extérieur et prenons un grand bol d’air frais, face au soleil qui s’étire doucement dans son cotonneux lit de nuages.
Je ne réalise pas vraiment ce qu’on s’apprête à vivre, jusqu’à l’apparition soudaine d’une équipe d’ailerons à la surface de l’eau que nous remuons derrière nous.

Ils sont là.
On nous demande de nous asseoir sur la plateforme tout à l’arrière, au ras de l’eau, près à plonger. Le bateau avance encore, créant cette perpétuelle immense vague juste sous le nez de mon tuba. Ainsi serrée dans mes palmes et ma combi, non habituée à respirer avec un tuba, collée aux autres nageurs face à cette vague que nous créons et surtout, sur le point de sauter en pleine mer, je me sens mi-apeurée, mi-excitée.

Puis tout va très vite. Le moteur s’arrête, la vague s’apaise et un klaxon bien sonore nous indique le moment pour plonger.
En même temps que les autres hommes et femmes grenouilles, je me jette à l’eau, au milieu de tous nos premiers gestes maladroits et impatients.
C’est un peu la panique pour moi qui clairement, n’arrive pas encore à gérer une respiration normale sous l’eau, la caméra que je tiens dans la main et la vue un peu brouillée par tous les coups de palmes des autres nageurs.

Je m’en prends un ou deux sur la tête avant de comprendre qu’on a quand même l’océan pour espace, et que je peux m’éloigner un peu. Je remonte vite à la surface pour ré-ajuster mon masque et cracher l’eau infiltrée dans mon tuba.
Ma respiration est rapide, beaucoup trop pour l’exercice et il me faut quelque secondes pour m’en rendre compte.

Je m’éloigne un peu plus des agitateurs de palmes et remets la tête sous l’eau.
Et la magie opère.
Un dauphin me passe devant, puis un autre, jusqu’à ce que je ne puisse plus les compter. C’est la première fois pour moi et je ne sais plus du tout si je suis en train de respirer ou non.

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Cette première sortie ne dure pas très longtemps, car le groupe de dauphins s’éloigne rapidement. Nous remontons sur le bateau et j’en profite pour ré-ajuster mon équipement. Un petit coup d’anti-buée dans mon masque et le radar a déjà repéré un nouveau groupe de dauphins sauvages.

Ils ne sont ni nourris, ni entraînés et sont donc là car ils en ont envie.
Nous sautons sur l’occasion et recommençons l’exercice.
Cette fois-ci, à peine le masque sous l’eau, je me retrouve tout de suite au milieu de dizaines de dauphins.

J’applique les conseils de l’équipage qui nous encourage à faire un « eye-contact » avec le dauphin pour capter son attention. Et ça marche !
Intrigué par la bête curieuse que je suis, chacun des dauphins avec qui je réussis le contact visuel, se met à danser avec moi.

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Sous l’eau, nous faisons des ronds sur nous-mêmes, pendant plusieurs secondes, tant que j’arrive à suivre son rythme.
Il est là, à quelques centimètre seulement, libre et aucun bruit autour de nous ne vient déranger ce bal aquatique improvisé.

Quand soudain, une de ses accélérations trop vive pour moi me fait perdre le rythme de la danse, je me presse de remonter à la surface pour capturer de mes yeux, le saut qu’il m’offre en s’éloignant.

Je veux plus de spectacle.
Alors je remets la tête sous l’eau et tombe masque à museau avec une otarie curieuse qui, agitant la tête de gauche à droite, semble aussi surprise que moi de se croiser ici.
Elle reprends vite ses esprits et en un coup de nageoire, disparaît dans le bleu épais de l’océan.

Pas le temps de se reposer, puisque de nouveau, les dauphins occupent l’espace. Sous l’eau, je les vois slalomer entre les jambes des plongeurs.
J’enchaine les partenaires de danse plus vite que Fauve Hautot, jusqu’à entendre le klaxon annonçant la fin de cette deuxième sortie. Un signe à l’Amoureux et nous retournons sur le bateau.

Nous aurons droit à une troisième et dernière baignade qui n’est pas décevante non plus. Un peu plus à l’aise dans ma combinaison, je prends le temps d’observer le jeu de l’Amoureux.

Quand il plonge un peu plus loin dans les profondeurs de l’océan, il capte l’attention des dauphins qui viennent relever le défi et se mettent à tourner autour de lui.
Je ne sais pas s’il devine tous ceux qui lui passent dans le dos, mais de mon point de vue, le spectacle est très poétique.

Bientôt, le gong ultime retentit en pleine mer et nous quittons définitivement nos partenaires de ballets.
De nouveau à bord, nous retrouvons nos habits de ville tandis que l’équipage de Dolphin Encounter nous offre biscuits et boissons chaudes.

Avant de rentrer au port, ils nous emmènent dans une crique où les Dusky Dolphins ont l’habitude de venir s’amuser. Ici, pas de baignade mais nous avons l’opportunité de prendre en photos les sauts et acrobaties que nous présentent les mammifères marins.

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Maintenant, il nous reste 45mn de trajet retour pour redescendre de notre planète…

Revenus dans les locaux de Dolphin Encounter, nous recevons chacun une pochette avec des cartes postales souvenirs et des coupons de réduction pour la boutique.

Une dernière touche maligne qui vient renforcer le sentiment d’être, tous, des clients privilégiés. Peut-être parce qu’ils sont les seuls à proposer ce service ici, mais ils le font très bien !

Une bonne douche chaude dans leur vestiaire et nous faisons un arrêt dans leur boutique souvenir, histoire de prolonger encore un peu le voyage…

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Je suis d’ailleurs agréablement surprise de voir que leur grande variété de produits est non seulement à des prix raisonnables, mais aussi les moins chers de la ville !

Je ne repars pas les mains vides, mais surtout avec l’esprit rempli de Grand Bleu…

«Roberto, mio palmo !»

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